Loin de moi l'idée de me considérer comme un philosophe, mais voici juste une petite pensée écrite voici de ca quelques mois et qui résume bien mon état d'esprit.
Le couloir s’allonge, j’ai mal au crâne. Je ne sais pourquoi je suis dans cet état d’excitation, comme si j’étais en train d’exploser. Plongé dans ce monde de folie, je deviens peut-être fou moi même. J’arrive devant ma chambre après avoir parcouru les kilomètres beiges de lino du couloir. La clé tourne dans la serrure, et je l’entends qui s’emboite dans les engrenages, et par la même ouvre cette porte bleu. J’entre finalement, en regardant cette petite pièce aux murs nus, sur lesquels seul le tableau d’affichage change la monotonie. Finalement, je m’assoie sur mon lit, et ferme les yeux. J’explose intérieurement, je suis en surchauffe, et je sens que mon corps ne peut pas suivre, où en tous les cas ne veut pas continuer à suivre ce régime d’immondice offert par le restaurant du Lycée. Je pense, je pense longuement, à mes amis qui sont également en prépa à Paris, ceux qui sont à la fac, et finalement, j’arrive à la dernière personne que j’ai rencontrée dans ma vie. Une fille, légèrement plus âgée que moi, lors du nouvel an. Sans doute est-elle totalement indifférente vis à vis de moi, mais elle ne m’est pas indifférente. Les souvenirs de cette soirée commencent à s’estomper, tous au fur et à mesure que mon cerveau se remplie à nouveau de souvenirs, et de nouveaux théorèmes. Il reste cependant un souvenir, bien distinct des autres, presque aussi clair que s’il était présent. Appuyés contre le mur, dans sa robe noire, je l’embrasse sur la joue, tendrement. Elle tourne la tête et alors m’embrasse, tendrement, sur les lèvres d’abord. Je lui rends son baiser. Le souvenir s’arrête là. Mais c’est sans doute le seul souvenir qu’il me restera de cette soirée dans dix ans. Le souvenir d’un flirt passager sur le moment, sans conséquence… du moins avais-je pensé alors. Malheureusement, ce ne fût pas le cas.
Des souvenirs comme celui là, peu de personnes dans leur vie n’en auront pas connus, mais les autres savent de quoi je veux parler. De cette personne qui hante vos jours et vos nuits, vous empêche de travailler, et finalement, vous permet de vivre à travers l’espoir qu’elle vous procure indirectement. De nombreuses personnes ont aujourd’hui conscience que cette personne est à leur côté, et ce pour l’éternité. De nombreuses autres se diront qu’elles ont eu une personne comme ça, et que la vie les en a détourné vers une personne qui certes les rends heureux, mais avec lesquels ils n’auront pas cette image, et ce sentiment. Cette fille est celle qui m’empêche de travailler, de dormir, mais qui me permet d’espérer que demain sera meilleur.
Un jour mes parents m’ont dit que le monde était amour, des années après, je réalise que si le monde est amour, cet amour rime avec peine, souffrance, et peut être même au final mort de l’âme. De nombreux philosophes de l’antiquité recherchaient l’ataraxie, l’absence de trouble de l’âme. Ces philosophes, comme les stoïciens rejetaient les passions comme les pires maux possibles. Ils avaient sans doute raison, mais sans doute également ont-ils oubliés que l’homme est un être qui justement se caractérise par ses passions, et que justement l’homme sans ses passions n’est plus humain, c’est une machine, capable d’endurer les pires souffrances. Je tiens à rester un homme, et je préfère souffrir plutôt que de devenir une machine insensible agissant seulement par raison. La raison est sans doute l’une des inventions les plus dévastatrices et mères de l’inaction de la création, nous empêchant de faire des choses stupides, qui risqueraient de nous faire du mal, souffrir. Mais là est la véritable vie, dans la sensation, que ce soit de la souffrance ou du bien. La vie n’est pas un ensemble de situations raisonnables, dans lesquels on n’exprime plus nos émotions, comme celle de Sénèque. La vie doit être justement remplie de situations déraisonnables, où nous agissons seulement en écoutant nos passions, quitte à en souffrir. La raison cherche constamment à nous faire réfléchir aux conséquences, aux problèmes pouvant résulter de nos actions, et même si elle met en avant des points positifs à une action, elle s’acharnera à nous faire écouter les arguments prônant un avis négatif sur la question. Le fait est que les passions nous apportent plus de bien que de mal, et ce pour la simple raison que par les passions nous nous sentons vivre, nous sommes vivant à travers elles, et non à travers l’inaction amenée par la raison.
La vie c’est l’action, la mort c’est l’inaction. L’action est menée par les passions, la raison est mère de la mort.

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