vendredi 15 octobre 2010

Eleanor's Diary - Chapitre 2

Chapitre 2 : Premières fois.

J’avais 17 ans cette nuit là. J’étais encore au Lycée et une innocente inculte en ce qui concerne la beauté. J’avais rendez-vous avec mon petit-ami  de l’époque, comme j’appelais encore les hommes me servant d’amants. Il est vrai que avant cette nuit la je n’avais encore pas eu d’amants, et ce fût cette nuit qui déclencha en quelque sorte ma folie, et me donna pour la première fois une véritable idée de la beauté, de la perfection. J’avais l’autorisation de dormir chez Augustin, après d’âpres négociations avec mes parents. Ses parents étant absents ce Week-end, la question pour lui ne se posait pas.
J’arrivais chez lui vers 19h, habillée d’une façon hors des considérations de la mode, toutes plus futiles les unes que les autres encore pour moi à cet instant. Nous dinâmes simplement, une pizza quatre-fromages surgelée,  puis nous allâmes dans le salon où un grand miroir datant du 18ème siècle été posé. Nous commençâmes alors à nous embrasser, la chaleur dans nos corps montait, nous mettant à nu. Ὰ cet instant je me levais et allais vers le miroir. Augustin me suivi et  regarda avec moi dans le miroir.
« Tu es magnifique, tu as un corps d’Ange »Me dit-il.
                C’est à cet instant que ma vie a basculé. Alors qu’il me disait ceci, je me regardais, et je tombais instantanément et irrémédiablement amoureuse de moi-même, comme deux amants sont amoureux l’un de l’autre, comme un mari aime sa femme le jour de son mariage. Je me tus, et commença à embrasser Augustin. Nous retournâmes vers le canapé. Ce fût pour moi une découverte, un plaisir malsain car douloureux au départ, si tant est que la douleur soit malsaine. Cette douleur se transforma en plaisir égoïste, un plaisir que je ne peux expliquer, sans doute la plus grande petite mort que je connu dans ma vie. Mais alors que ce fût fini, je pensais et me fît promettre que quiconque aurait le bonheur et le privilège de voir ce corps nu et de s’allier à lui une fois dans sa vie serait alors une proie pour moi, comme la veuve noire mange son amant après l’amour, je ferais de chacun de mes amants une œuvre d’art dont il sera le centre, et dont la peinture, toujours rouge, lui appartiendra pleinement, de façon charnelle.
                Le Lundi suivant, je mettais un terme à ma relation avec Augustin. Je lui fît beaucoup de peine je crois, mais je n’avais dorénavant plus de sentiments pour personne, hormis moi-même bien évidemment. Les préjugés sur les femmes et l’amour sont d’ailleurs ridiculement faux : on peut tout à fait avoir une relation charnelle sans sentiment pour notre amant, et j’en suis le parfait exemple. Augustin a été le seul homme pour qui j’eu jamais de sentiments réels, le seul également que je n’ai pas tué après l’amour. Il ne connaissait sans doute pas sa chance à ce moment là. Je n’étais alors à ce moment pas encline à le faire, n’avait pas mes outils, pas défini mon art, la forme de mes œuvres, cela aurait été du gâchis. Je dois cependant avouez avoir voulu me rattraper de ce manque dans ma collection, malheureusement pour moi, il était parti.

                Ma première victime fût trois ans plus tard, après que tous les éléments furent rassemblés pour permettre à mon art de briller de milles feux dans la nuit. J’avais mon scalpel, toujours le même en 7 ans d’activité, mes pinceaux également. J’étais alors en déplacement à Los Angeles, où j’avais une séance photo programmée par mon agence. Le photographe s’était montré très entreprenant avec moi, et j’avais enfin la possibilité de mettre en application mon crédo, de le tester, d’éprouver mon art. Ce fût dans sa maison à L.A., une villa de plusieurs millions de dollars, blanche comme neige, avec piscine, jacuzzi, etc. La piscine était à ce moment là vide, pour nettoyage, ce qui ne nous empêcha pas de nous ébattre sur les marches pour y descendre. Ce fût mauvais, très mauvais, raison de plus pour le tuer, qu’il devienne enfin sujet de discussion artistiques. Il mourut juste après, une petite pilule ayant aidé son cœur à s’arrêter juste après l’effort. J’allai donc prendre mon sac et commençai alors à ouvrir un cercle dans son buste, comme un pot de peinture. Je trempais pour la première fois mon pinceau et frémis alors que le sang était posé sur le sol de la piscine. Ce fût pour moi une forme d’extase, remplaçant celle qu’il n’avait pas réussit à me donner. Ce fût une œuvre pleine de symboles pour moi : la seule à l’extérieur, la seule où j’étais nue pour la réaliser (mis a par mes gants de cuir que je ne quittais que pour dormir), mais également la seule où finalement mon œuvre était autre que seulement faite de sang. En effet, je décidais d’utiliser ses yeux, son instrument de travail pour en faire les objectifs de l’appareil photo qui était dans sa main au moment où je quittais la maison.
                Je fis un tourbillon de sang au dessus du pot de peinture pour terminer ma peinture, pris une photo depuis le bord opposé de la piscine, puis mit une lettre a l’attention des policiers, que la photo soit envoyée à Vice à L.A. Je retournais alors à mon hôtel, et partit prendre l’avion qui devait me ramener à Paris.
                Rentrée chez moi je me détendis, j’étais dans un état de paix intérieur, et décidait alors d’écrire mon histoire en même temps qu’elle se faisait. J’allais donc acheter un livre vierge, et commençais à écrire ma fabrication, pourquoi je suis moi, ma vision du beau, de la perfection, et finalement tout ce que je suis. Les policiers le trouveront sans doute après quelques recherches sur qui je suis, où j’habite.            
Ce livre n’est pas caché, il est posé sur ma table de chevet, que personne n’a eu le privilège de voir en 7 ans, mis à par Héra, la seule personne avec laquelle je ne me sois jamais trompé au niveau sentimental, la seule fille également, la seule survivante à mon scalpel, la seule que j’ai aimé pour plus d’une nuit. A vrai dire ce doit être la seule à avoir lu mon journal, la seule à connaitre mon secret, sans pour autant sembler dégoutée ou apeurée. Elle partage la même vision de l’amour et de la beauté que moi, nous gardions d’ailleurs un dossier dans notre ordinateur où j’avais mis les photos de mes œuvres d’art quand j’avais pris une photo. Une, mon chef d’œuvre second, était même en grand format au dessus de notre lit, face à un miroir, nous permettant de la contempler constamment.

[J’ai toujours été fasciné par les miroirs depuis ce jour là. Ils sont notre reflet, le reflet d’une certaine perfection en ce qui me concerne. Ils sont en effet là pour nous montrer tels que nous sommes, et d’une certaine manière reflètent les méfaits de notre âme à la place de notre corps, sans doute notre pensée relève-t-elle d’un pacte avec le diable, comme Dorian Gray en son temps. Héra et moi sommes sans doute les personnes que vous aimeriez le plus voir dans votre miroir, jeunes, belles, parfaites. Mais le miroir ne fait pas tout, il n’est qu’un reflet, et ce n’est qu’une image mouvante, une photo mouvante qui vous donne vos défauts, vos rides, vos bourrelets, vos boutons, et fini par achever votre moral. Le miroir n’est au final qu’un instrument de suicide, que ce soit pour les personnes grosses ou anorexiques, grandes ou petites, laides ou belles (selon la société), il les poussera toujours à se détruire encore plus, à arrêter de manger, à se faire vomir, à mettre des talons, à se détruire le dos, à n’être plus finalement qu’une ombre au service des quelques personnes qui dirigent le monde de la mode… Dont je suis.
Si le miroir pour vous est un ennemi vous disant qui vous voulez être, vous n’avez plus de liberté. Je suis libre, le miroir n’est pour moi et Héra qu’un moyen de refléter la perfection, nous.]

vendredi 8 octobre 2010

Eleanor's Diary - Chapitre 1

Voici le premier chapitre d'une nouvelle en plusieurs chapitres que j'ai commencé à ecrire en Mars 2010

Ma mort, mon chef d’œuvre.

                Je me regarde une fois de plus dans le miroir, me recoiffe une fois de plus, et je suis une fois de plus la personne qui doit être la plus proche de Dieu. Le sol est rouge et glissant, je m’écrase et ferme les yeux. Tiens, me voilà enfant, encore habillée par mes parents alors hors des considérations de la beauté, ou du moins tel que je la conçois. Là c’est moi adolescente, mes premières expériences, mes premières déceptions, sans doute aussi le moment où je me suis construite tel que je me présente devant vous aujourd’hui.
Là par contre je ne saurais vous dire qui est ce vieil homme à barbe blanche, habillé d’une toge blanche comme neige…
« Bonjour Eléanore, je m’attendais à te recevoir si tôt. »
« Qui êtes vous ? Vous me rappelez des statues que j’ai vues il y a une dizaine d’années à Rome, notamment dans une Immense Basilique au Vatican, dont le nom m’échappe. »
« Je suis le gardien des clés de la Jérusalem Céleste, et je suis là pour t’accueillir en son sein »
« C’est donc  vous Saint Pierre, dit Eléanore en le toisant de la tête aux pieds,  Je suppose donc que je suis morte ? Mais pourquoi ne pas m’envoyer plutôt en Enfer ? Avec le peu d’intérêt que je vous ai accordé tout au long de ma vie ce serait somme toute assez logique. »
« Ma foi ce serait probable si tes parents avait choisis pour toi une autre religion à ta naissance, Allah t-y aurais envoyé pour sur avec tes mœurs, ceci est moins sûr pour Jahvé, il est plus indulgent envers ses protégés de par leur nombre restreint. Mais ce n’est pas pour parler de ça que tu es ici, mais plutôt de ta vie, de tes actes passés.»
                Il fit une pause pendant quelques instants et m’invita à entrer par la porte qui se trouvait juste derrière lui. Je le suivi et m’assis sur le côté du confessionnal au milieu de la pièce. Lui allât a l’intérieur et s’y enferma. Il commença alors à repasser en revue mes actes par lesquels j’étais selon Lui pécheresse. Malheureusement pour moi la liste était longue, et il ne m’épargna aucun détail, au fur et à mesure je me sentis de plus en plus nue en l’écoutant. Ma première fois à 17 ans, mon premier meurtre, mais ce sur quoi il s’attarda le plus fut sans aucun doute mes derniers instants, mon dernier meurtre, ma dernière œuvre d’art…



                On est samedi soir, en plein mois de Novembre à Paris, je descends les escaliers de mon immeuble, afin de me rendre à mon rendez-vous avec ma future victime, rencontrée quelques jours auparavant lors d’une soirée dans le 8ème. Je prends ma voiture, une Aston, noire graphite, avec des jantes noires, une merveille que je ne me lasserais jamais de conduire. Lorsque le moteur s’alluma et vrombit, je frémis une fois encore, et partis vers le restaurant où ma victime m’attendait sagement. Le diner fût intéressant, nous parlâmes de choses toutes plus inintéressantes les une que les autres, mais la personnalité de ma victime en faisait une personne de plus en plus fantastique pour ma collection. Il se disait être un artiste, un performeur, amoureux des artistes abstraits, non conventionnels, il semblait aimer la beauté en tant que tel, près à donner n’importe quoi pour faire partit d’une perfection, d’une œuvre d’art. Il menait une vie hédoniste, mais se disait pourtant croyant et pratiquant. J’adore ce genre de personnalité, complexe, permettant une œuvre complexe en accord avec son sujet, peut être est-ce ceci qui mena au chef d’œuvre, allez savoir...
Nous continuâmes la soirée chez lui, un hôtel particulier Rue du Faubourg St-Honoré. Après un dernier verre de vin, je finis par m’offrir à lui, comme lui s’offrit à moi. Nos corps s’entremêlèrent, nos chaleurs s’amplifiaient, se conjuguaient, ce fût sans doute la seule fois qu’une de mes victimes m’offrait une petite mort. Nos apothéoses furent simultanées, d’une beauté rare et sans nom, les miroirs disposés sur les murs et le plafond de la pièce ne firent que rendre ceci plus amusant, mais magnifièrent l’œuvre que j’ai créé par la suite…
Quelques minutes après, mon amant d’un soir été endormi dans le lit, paisible, un sourire de satisfaction sur les lèvres, inconscient de la fin du temps, la fin de son temps. Je me levais tranquillement du lit, et me dirigeai vers mon sac où mes pinceaux attendaient bien sagement leur entrée en scène. Sans bruit j’attachai mon hôte à son lit, et mis alors ma tenue d’artiste. Ce soir, j’avais choisi une robe Chanel, noire et blanche, dos nu, courte et ample, permettant une totale liberté de mouvement, je pensai à ce moment à remercier Karl pour de telles coupes. Puis je mis mon collier et ouvris l’écrin où l’on pouvait admirer une veuve noire, peinte grâce à ma première victime, avant d’allumer ma mini chaine, laissant s’échapper la musique douce et apaisante de 3 Rue Monplaisir.  Je sorti le scalpel de mon sac, et mon œuvre naquit alors que je découpais le buste de l’être endormis face a moi. Il se réveilla, mais ne pût dire un seul mot, son cœur s’était déjà arrêté. Alors que j’arrivé à son bas ventre je stoppais mon scalpel, et pris mes pinceaux. Cette fois ci, ma peinture était rouge foncé, un rouge tel que je les aime, mais ne coagulant pas trop vite afin de permettre des coulées. Je trempais mon premier pinceau, et peint alors la pièce, les miroirs amenant une nouvelle dimension à mon œuvre. Les croix se reflétaient les une dans les autres, j’entrais en transe et peint également le lit à l’aide de coulées de pinceaux, passant en zigzag au dessus de mon œuvre humaine, la magnifiant.
Lorsque ma peinture fût terminée, je me mis à choisir le bon positionnement pour la photo que prendront les enquêteurs dans quelques heures et choisis de placer la croix en face du lit, du centre de mon œuvre, je laissais ma lettre habituelle, demandant que la photo soit exposée à la Galerie d’art que tenais Vice à Paris, et alors que je rangeais mes affaires, je me rendis compte que cette œuvre était une perfection, la perfection de mon art si singulier. Je restais de longues minutes à la contempler, quelques minutes de trop sans doute selon la suite des évènements.
J’étais devant la porte, prête à partir, lorsque la porte s’ouvrit, et qu’un coup de feu partis derrière moi. Je sentis la balle me pénétrer, Je me regarde une fois de plus dans le miroir, me recoiffe une fois de plus, et je suis une fois de plus la personne qui doit être la plus proche de Dieu. Je marche vers le lit, et me pose à ses pieds, au milieu. Finalement cette œuvre sera bien mon chef d’œuvre, perfection de la mort. Les gens on peur de la mort, certains la considèrent comme un mal, d’autres comme un bien, moi je considère une mort comme une œuvre d’art dont je serais une artiste, et ma mort sera le chef d’œuvre de la Mort, comme ma vie fût le chef d’œuvre de la Vie.

Ayant fini le récit de mes péchés, Saint Pierre me demande alors :
« Pourquoi tant de morts, de meurtres… »
« D’œuvres d’art ? » le coupais-je.
« Répond à ma question s’il te plait. Pourquoi tant de meurtres, d’œuvres si tu préfères, alors que tu avais tout ce dont tu pouvais rêver ? Et pourquoi y mettre une dimension artistique ? »
« Vous devriez le savoir, vous qui êtes omniscient. Vous êtes peut êtres plus ignorants que vous voulez bien le paraître  Mais je vais vous le dire, car ce fût ce qui déclencha mon génie, mon art, et j’aime à me remémorer cet instant. »

[La femme de ma victime était rentrée plus tôt que prévu, et allait dormir lorsqu’elle entendit mon pas dans la chambre. Elle avait alors pris le pistolet situé sur le bureau, et alla vérifier dans la chambre qui y était. En me trouvant, elle tira d’instinct, me tuant en quelques secondes. Puis elle regarda dans la pièce, et fondit en larme en voyant son mari, mort et son sang recouvrant les miroirs et le lit. Il eu une belle mort selon moi, trop tôt selon elle, elle était enceinte de trois mois. Elle appela la Police au bout d’une heure à pleurer sans pour autant toucher à mon œuvre. Lorsque la Police arriva, je vis qu’ils furent à la fois ébahis par tant de beauté et dégoutés par la cruauté (selon eux) de mon acte. Mais ils semblaient finalement contents d’avoir enfin attrapés la « Veuve Noire », cette tueuse en série qui se disait artiste. Je remarquais cependant qu’ils respectèrent ma volonté de faire prendre mon œuvre d’art en photo à l’endroit demandé, et de l’envoyer à Vice. J’avais d’ailleurs déjà observé une de mes réalisations dans cette galerie d’art deux ans auparavant, dans une exposition sur la mort, que j’avais par ailleurs trouvé très bonne, avec des artistes de qualité, même si aucun n’égalait mes performances. Il faudra qu’un jour j’aille donner l’idée à une galerie de faire une rétrospection complète de ma collection, de mon œuvre, même si elle comporte plus de 100 performances…]

lundi 4 octobre 2010

La vie c’est l’action, la mort c’est l’inaction.

Loin de moi l'idée de me considérer comme un philosophe, mais voici juste une petite pensée écrite voici de ca quelques mois et qui résume bien mon état d'esprit.

                Le couloir s’allonge, j’ai mal au crâne. Je ne sais pourquoi je suis dans cet état d’excitation, comme si j’étais en train d’exploser. Plongé dans ce monde de folie, je deviens peut-être fou moi  même. J’arrive devant ma chambre après avoir parcouru les kilomètres beiges de lino du couloir. La clé tourne dans la serrure, et je l’entends  qui s’emboite dans les engrenages, et par la même ouvre cette porte bleu. J’entre finalement, en regardant cette petite pièce aux murs nus, sur lesquels seul le tableau d’affichage change la monotonie. Finalement, je m’assoie sur mon lit, et ferme les yeux. J’explose intérieurement, je suis en surchauffe, et je sens que mon corps ne peut pas suivre, où en tous les cas ne veut pas continuer à suivre ce régime d’immondice offert par le restaurant du Lycée. Je pense, je pense longuement, à mes amis qui sont également en prépa à Paris, ceux qui sont à la fac, et finalement, j’arrive à la dernière personne que j’ai rencontrée dans ma vie.  Une fille, légèrement plus âgée que moi, lors du nouvel an. Sans doute est-elle totalement indifférente vis à vis de moi, mais elle ne m’est pas indifférente. Les souvenirs de cette soirée commencent à s’estomper, tous au fur et à mesure que mon cerveau se remplie à nouveau de souvenirs, et de nouveaux théorèmes. Il reste cependant un souvenir, bien distinct des autres, presque aussi clair que s’il était présent. Appuyés contre le mur, dans sa robe noire, je l’embrasse sur la joue, tendrement. Elle tourne la tête et alors m’embrasse, tendrement, sur les lèvres d’abord. Je lui rends son baiser. Le souvenir s’arrête là. Mais c’est sans doute le seul souvenir qu’il me restera de cette soirée dans dix ans. Le souvenir d’un flirt passager sur le moment, sans conséquence… du moins avais-je pensé alors. Malheureusement, ce ne fût pas le cas.
                Des souvenirs comme celui là, peu de personnes dans leur vie n’en auront pas connus, mais les autres savent de quoi je veux parler. De cette personne qui hante vos jours et vos nuits, vous empêche de travailler, et finalement, vous permet de vivre à travers l’espoir qu’elle vous procure indirectement. De nombreuses personnes ont aujourd’hui conscience que cette personne est à leur côté, et ce pour l’éternité. De nombreuses autres se diront qu’elles ont eu une personne comme ça, et que la vie les en a détourné vers une personne qui certes les rends heureux, mais avec lesquels ils n’auront pas cette image, et ce sentiment. Cette fille est celle qui m’empêche de travailler, de dormir, mais qui me permet d’espérer que demain sera meilleur.
                Un jour mes parents m’ont dit que le monde était amour, des années après, je réalise que si le monde est amour, cet amour rime avec peine, souffrance, et peut être même au final mort de l’âme.  De nombreux philosophes de l’antiquité recherchaient l’ataraxie, l’absence de trouble de l’âme. Ces philosophes, comme les stoïciens rejetaient les passions comme les pires maux possibles. Ils avaient sans doute raison, mais sans doute également ont-ils oubliés que l’homme est un être qui justement se caractérise par ses passions, et que justement l’homme sans ses passions n’est plus humain, c’est une machine, capable d’endurer les pires souffrances. Je tiens à rester un homme, et je préfère souffrir plutôt que de devenir une machine insensible agissant seulement par raison. La raison est sans doute l’une des inventions les plus dévastatrices et mères de l’inaction de la création, nous empêchant de faire des choses stupides, qui risqueraient de nous faire du mal, souffrir. Mais là est la véritable vie, dans la sensation, que ce soit de la souffrance ou du bien. La vie n’est pas un ensemble de situations raisonnables, dans lesquels on n’exprime plus nos émotions, comme celle de Sénèque. La vie doit être justement remplie de situations déraisonnables, où nous agissons seulement en écoutant nos passions, quitte à en souffrir. La raison cherche constamment à nous faire réfléchir aux conséquences, aux problèmes pouvant résulter de nos actions, et même si elle met en avant des points positifs à une action, elle s’acharnera à nous faire écouter les arguments prônant un avis négatif sur la question. Le fait est que les passions nous apportent plus de bien que de mal, et ce pour la simple raison que par les passions nous nous sentons vivre, nous sommes vivant à travers elles, et non à travers l’inaction amenée par la raison. 

La vie c’est l’action, la mort c’est l’inaction. L’action est menée par les passions, la raison est mère de la mort.

dimanche 3 octobre 2010

Utopia



 
                La petite musique monte doucement de ma chaine, le piano commence doucement sa petite mélodie, les instruments s’harmonisent, se mêlent les uns aux autres dans une douce mélancolie. Alors je ferme les yeux et m’échappe dans ce nouveau monde, au milieu de l’Océan. Je ne suis qu’un fantôme dans ce monde, je peux flotter, dans l’air comme dans l’eau, sans jamais boire la tasse. Je me laisse alors bercé par la musique, et alors que l’intensité monte, je commence à me déplacer sous la surface. L’eau est claire, le soleil qui se reflète à l’intérieur me donne l’impression qu’un ange ou Dieu se trouve au dessus de moi. Je m’enfonce dans les profondeurs, le monde s’assombrit, la lumière commence à se raréfier.
J’aperçois alors le fond, autour duquel une société qui m’était alors inconnue m’apparait. La vie grouille de partout, je me trouve au milieu d’une ville sous marine, les coraux abritant les petits poissons alors que les prédateurs cherchent en vain à trouver un poisson maladroit ou naïf afin de survivre. J’observe les mouvements, les interactions qui occupent les différentes espèces. Soudain une ombre surplombe la cité, cette ombre ressemble à celle d’un ange, protecteur, calme. Je suivi cette ombre, et put finalement voir une Manta. Je décidais alors de la suivre…

La musique qui continue se met alors à me donner des frissons, la tension monte et alors je me retrouve amené par la Raie devant ce que le monde recherche depuis des centaines d’années : l’Atlantide, citée de Poséidon, traitresse vis-à-vis de lui, punie par lui, engloutie par lui. Au milieu des temples en ruine, des restes de maisons, une sorte de Cathédrale se tenait là, debout, recouverte par les algues, mais encore magnifique. J’étais attiré par elle, elle était un aimant, et je me dirigeais sans réellement le vouloir vers elle. Alors que je pensais être tout proche, je remarque sa taille gigantesque, inhumaine, mystique… J’arrive enfin devant la porte, gigantesque. Elle s’ouvre alors toute seule. Elle semble faite en Or, Ouvragée comme jamais je n’en ai vu. La Basilique St Pierre de Rome ressemble à une petite chapelle, mal décorée face à ce monstre de pierres taillées, agrémenté d’or et de marbre. Les gravures de Poséidon arrivant dans la ville, les fêtes en son honneur, mais aussi les blasphèmes contre lui se trouvent sur cette porte. Seul manque la fin de l’histoire. J’entre dans la cathédrale, qui se trouve être remplie d’air, l’eau n’y pénètre pas, les Atlantes semblent avoir découvert un havre de paix, une utopie de vie sous-mer, après la dystopie qui résidait alors sur terre. La musique s’arrêta et alors je retournais à la vie réelle et rouvrit les yeux…